Une histoire bigoudène de Penmarc'h à.... Brest :

Elise, la mer et le zinc

par Armelle Gourvennec

 

     

Sur un parvis aux dalles cimentées, d’un gris couleur d’hiver, comme ces toits ondulés qui couvrent les maisons de Brest aux angles tous les mêmes, une petite fille, plantée comme une fleur au milieu de l’asphtitlee, rêvait de doux voyages, les yeux mi-clos sur son joli vélo. Il l’emmenait bien loin, au-delà des immeubles qui figeaient son regard. Elle se mettait alors debout sur les pédales, comme un défi à l’horizon, et sa légèreté soudaine lui faisait oublier les tracés imprimés par les roues, qui, sans cesse, la ramenaient à son point de départ. Cette place, à la fois si fermée, si étroite, prison de son corps, se métamorphosait en théâtre, scène de ses rêves, de ses évasions les plus rocambolesques. Car elle tentait d’affronter cet ennui qui, toujours l’habitait, se noyant alors dans un flot incessant de désirs fantasques.

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Il fallait trouver les mots justes avant l’atterrissage, car KERITY venait d’être annoncé ! Oui, c’est là que la petite famille venait passer la journée. Au bout du bout du monde ! Au Sud du Finistère … Une pointe près de Penmarc’h. On y accédait par une petite route longeant la mer. Et quand le phare d’Eckmühl se tenait là, tout près, majestueux devant eux, ils savaient qu’ils étaient presque arrivés.

Drôle d’endroit !

Des femmes en coiffe, toutes de noires vêtues, des hommes en vareuse bleue ou rose, aux couleurs passées, délavées par le sel … Elise était tout à coup projetée dans une autre époque. Tous les gens lui paraissaient si vieux ! Il n’y avait pas d’immeuble, simplement des petites maisons basses, en pierre … à peine s’il y avait des rues ! Et quand il y en avait, elles étaient si étroites, qu’il était bien difficile de se croiser !

C’était surprenant, et parfois même inquiétant.

 

 
               
       
 
   

Elise rendait visite à son arrière grand-mère maternelle : une petite femme toute ridée, en habit de bigoudène, une jolie dentelle blanche dans ses cheveux teintés de gris.

Elle aussi, était curieuse. Elise l’aimait bien, mais qui était cette femme ?

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Texte intégral de la nouvelle